Vous êtes commercial salarié et vous vous demandez ce que vous gagneriez en indépendant ? La question est légitime, et les réponses que l'on trouve en ligne sont souvent des chiffres sans source. Cet article vous donne une méthode de calcul, des repères publics vérifiables et les règles de chaque statut, pour que vous puissiez estimer votre propre commercial freelance salaire.
Le mouvement vers l'indépendance est réel : selon l'Insee, 13,3 % des personnes en emploi en France avaient le statut d'indépendant pour leur emploi principal en 2024.
Commercial freelance salaire : combien gagne-t-on vraiment ?
Il n'existe pas de statistique publique fiable sur le salaire commercial freelance : les indépendants ne sont pas couverts par les grilles de salaires des branches, et leurs revenus varient fortement selon le nombre de jours facturés. Le repère le plus solide reste le salariat, parce qu'il vous indique le niveau de revenu que vous abandonnez en quittant votre poste.
Selon Data Emploi de France Travail (salaires médians calculés par l'Insee à partir des déclarations sociales nominatives), le salaire médian brut mensuel est de :
- 3 421 € pour les attachés commerciaux, tous âges confondus (2 897 € avant 35 ans, 3 735 € à partir de 35 ans) ;
- 5 158 € pour les ingénieurs et cadres technico-commerciaux (4 110 € avant 35 ans, 5 653 € à partir de 35 ans).
Viser un commercial en freelance salaire équivalent à celui d'un salarié signifie donc facturer bien plus que ce brut divisé par vingt jours, car vous payez vous-même vos cotisations, vos congés, vos outils et vos périodes sans mission.
Pour une vue d'ensemble, lisez notre guide de référence : le guide pour devenir commercial indépendant.
Comment est rémunéré un commercial freelance : TJM, fixe ou commission ?
La commercial freelance rémunération prend quatre formes principales, souvent combinées.
| Mode | Principe | Avantage pour vous | Limite |
|---|---|---|---|
| TJM (taux journalier) | Un prix par jour travaillé | Revenu prévisible, lié au temps | Pas d'upside si vous performez |
| Forfait mensuel | Un montant fixe pour un temps défini | Trésorerie stable | Engagement de disponibilité |
| Commission seule | Un pourcentage des ventes signées | Revenu illimité en théorie | Risque élevé, cycles longs |
| Fixe plus variable | Une base et une prime sur objectifs | Sécurité et motivation | Objectifs à négocier précisément |
La remuneration commercial freelance la plus répandue sur les missions de prospection B2B reste le TJM ou le forfait mensuel. Pour les rôles de signature (Account Executive, closer), une part variable s'ajoute souvent. Pour situer votre prix journalier, consultez notre analyse du TJM commercial freelance en France.
Quel taux de commission pour un commercial freelance ?
Aucun taux n'est fixé par la loi. La commission commercial freelance se négocie mission par mission, et dépend du panier moyen, de la longueur du cycle et de ce que l'entreprise vous fournit (leads, outils, marque connue).
Trois conseils pour négocier un commercial freelance commission :
- Refusez la commission seule sur un cycle de vente long : vous financeriez des mois de prospection sans garantie.
- Définissez l'assiette par écrit : chiffre d'affaires HT signé ou encaissé, et le sort des annulations.
- Fixez la date de paiement : à la signature, à la facturation ou à l'encaissement du client.
Si vous travaillez uniquement à la commission et de façon permanente pour une entreprise, vous vous rapprochez du statut d'agent commercial, qui obéit à des règles spécifiques du Code de commerce.
Commercial freelance en télétravail : est-ce possible ?
Oui. Le commercial freelance télétravail est même la norme pour la prospection B2B : appels, e-mails, LinkedIn, visioconférences. Un commercial freelance remote peut couvrir la France entière depuis chez lui, à condition de disposer d'outils fiables (CRM, téléphonie, enregistrement des appels si le client l'autorise) et d'une discipline de reporting.
Le terrain reste pertinent dans certains cas : grands comptes industriels, ventes complexes qui exigent une démonstration, secteurs où la relation physique compte. Beaucoup de missions sont hybrides : prospection à distance, rendez-vous clés en présentiel.
Point de vigilance : le télétravail ne change rien à votre indépendance. Si un client vous impose des horaires fixes et une présence quotidienne à ses réunions internes, le risque de requalification en contrat de travail augmente.
Quel statut choisir : micro-entrepreneur ou portage salarial ?
Le commercial micro entrepreneur
Devenir commercial micro entrepreneur est la voie la plus simple : création en ligne, comptabilité allégée, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé. Deux seuils à connaître en 2026, selon Service Public Entreprendre :
- 83 600 € de chiffre d'affaires annuel pour les prestations de services, plafond du régime micro-fiscal ;
- 37 500 € pour la franchise en base de TVA en prestation de services (seuil majoré de 41 250 € pour l'année en cours).
Au-delà de ces seuils, vous facturez la TVA ou passez au régime réel. Beaucoup de commerciaux freelance confirmés créent ensuite une société (EURL ou SASU).
Le portage salarial commercial
Le portage salarial commercial vous permet de rester salarié d'une entreprise de portage tout en trouvant vous-même vos missions. Selon Service Public Entreprendre, le salarié porté doit avoir au minimum un niveau Bac +2 ou une expérience d'au moins 3 ans dans le même secteur, et négocier lui-même le prix de sa prestation. La rémunération mensuelle minimale brute totale ne peut pas être inférieure à 2 517,13 € ; une prestation auprès d'un même client est limitée à 36 mois. En contrepartie, l'entreprise de portage prélève des frais de gestion et les cotisations salariales et patronales s'appliquent.
Portage salarial ou portage commercial : quelle différence ?
La différence portage salarial et commercial tient au contrat. En portage salarial, vous signez un contrat de travail avec une société de portage, qui facture vos clients et vous verse un salaire. L'expression « portage commercial », elle, n'a pas de définition légale : elle désigne selon les acteurs soit le portage salarial appliqué aux métiers de la vente, soit des structures qui hébergent l'activité d'indépendants sans contrat de travail.
Avant de signer une offre de portage commercial freelance, posez trois questions :
- Signerai-je un contrat de travail (CDI ou CDD de portage) ?
- La société dispose-t-elle d'une garantie financière, obligatoire en portage salarial ?
- Quels frais de gestion seront prélevés, et sur quelle base ?
Si la réponse à la première question est non, ce n'est pas du portage salarial au sens du Code du travail, et vous ne bénéficiez pas de la protection d'un salarié.
Comment trouver des missions de commercial freelance ?
Trouver une commercial freelance mission passe par quatre canaux complémentaires :
- votre réseau direct : anciens employeurs, clients, partenaires ;
- LinkedIn, avec un positionnement clair (secteur, type de vente, résultats) ;
- les plateformes de freelances généralistes ;
- les agences spécialisées dans les talents commerciaux, qui sélectionnent les profils et gèrent le contrat.
Plus votre spécialité est nette, plus vos missions sont faciles à trouver. Un profil technique a par exemple intérêt à se positionner sur des ventes complexes : notre article pour devenir technico-commercial détaille cette voie.
Chez Hivy, agence de talents commerciaux freelance, nous proposons des missions de SDR, BDR, Account Executive, Business Developer et consultant stratégique. Les commerciaux sont rémunérés en fixe ou en fixe plus variable, et le contrat est géré par Hivy, avec un seul interlocuteur. Les bases de données et les outils d'appel et d'enregistrement sont fournis, et un reporting hebdomadaire structure la relation avec le client. La sélection est exigeante : seuls 10 % des commerciaux la passent. Plus de 220 commerciaux ont rejoint le réseau et plus de 1 000 missions ont été proposées.
Combien facturer pour vivre de son activité de commercial freelance ?
La bonne méthode pour estimer votre commercial freelance salaire part de votre revenu cible, pas du prix du marché. On calcule à rebours : ce que vous voulez gagner, puis ce que vous devez facturer, puis le nombre de jours que vous pouvez réellement vendre.
Mini-scénario chiffré
Imaginez Julie, commerciale B2B confirmée, qui vise un revenu équivalent à un salaire brut de 4 000 € par mois (hypothèse d'illustration). Elle raisonne ainsi :
- Jours facturables : 365 jours moins les week-ends, les jours fériés, 5 semaines de congés, la formation et la prospection de ses propres clients. Elle retient 180 jours facturés par an, hypothèse prudente.
- Chiffre d'affaires nécessaire : elle ajoute à son revenu cible ses cotisations, sa mutuelle, ses outils, son expert-comptable et une réserve pour les périodes sans mission.
- TJM plancher : chiffre d'affaires nécessaire divisé par 180.
Le commercial freelance salaire final dépend de son statut, mais une règle se vérifie toujours : un TJM qui correspond simplement au salaire journalier d'un salarié ne permet pas de vivre au même niveau. Julie ajuste ensuite son prix au marché et à la valeur qu'elle apporte.
Les erreurs qui plombent le revenu
- Compter 220 jours facturés par an dès la première année.
- Oublier les délais de paiement des clients.
- Accepter une commission seule sur un cycle de six mois.
- Ne pas prévoir de réserve entre deux missions.
- Sous-estimer le temps passé à trouver et négocier la mission suivante.
Chaque erreur se traduit directement par un revenu inférieur à celui prévu dans votre plan.
Le bon choix dépend de votre sécurité recherchée
Au fond, votre commercial freelance salaire dépend moins du marché que de trois décisions : votre prix, votre taux d'occupation et votre statut. Si vous voulez l'indépendance totale et un revenu sans plafond, la micro-entreprise puis la société sont adaptées, à condition de bien calculer votre TJM. Si vous voulez garder la protection d'un salarié, le portage salarial est une option, au prix de frais de gestion. Et si vous voulez des missions sans passer votre temps à les chercher, une agence qui sélectionne les profils et gère le contrat réduit fortement vos périodes creuses. Rejoindre un réseau de commerciaux freelance B2B est souvent le moyen le plus rapide de sécuriser ses premiers mois.
Questions fréquentes
Un commercial freelance gagne-t-il plus qu'un salarié ?
Pour comparer un commercial freelance salaire et un salaire de CDI, raisonnez en revenu net annuel. Le freelance facture plus, mais ce n'est pas forcément un revenu net supérieur. Il doit couvrir ses cotisations, ses congés, ses outils et ses périodes sans mission. Le gain réel dépend du nombre de jours vendus.
Peut-on être commercial freelance à 100 % en télétravail ?
Oui, surtout en prospection B2B. Les missions de SDR ou de BDR se font en grande partie à distance. Certains rôles de signature demandent des rendez-vous en présentiel.
Quel statut pour débuter comme commercial indépendant ?
La micro-entreprise est la plus simple pour démarrer. Le portage salarial convient si vous voulez garder la protection d'un salarié et remplissez les conditions (Bac +2 ou 3 ans d'expérience).
Un commercial freelance peut-il être payé uniquement à la commission ?
C'est possible, mais risqué sur un cycle long. Une base fixe ou un TJM, complétés d'une part variable, protègent votre trésorerie.
Quelle différence entre commercial freelance et agent commercial ?
Le commercial freelance réalise une mission définie, souvent payée au temps passé. L'agent commercial représente durablement une entreprise, est payé à la commission et relève d'un régime spécifique du Code de commerce.
Sources
- France Travail, Data Emploi, chiffres clés du métier technico-commercial (salaires médians Insee) : https://dataemploi.francetravail.fr/emploi/metier/chiffres-cles/NAT/FR/D1407
- Insee, Emploi et revenus des indépendants (part des indépendants en 2024) : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8376828?sommaire=8376908
- Service Public Entreprendre, Portage salarial : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31620
- Service Public Entreprendre, Franchise en base de TVA : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746
- Service Public Entreprendre, Dépassement des seuils de la micro-entreprise : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32353

